Le changement social commence à deux - Etudes pour la psychothérapie
Vendredi, 16 Mars 2012 14:09

 

Nouveau livre de Jean-Marie Robine
Aux éditions L'Exprimerie

Sortir la pratique et la théorisation de la psychothérapie de la seule référence à l'intrapsychique pour les refonder, dans une perspective de champ, sur le concept de contact et de formations de formes, c'est le changement de paradigme qu'introduit la gestalt-thérapie dès 1951. Dans cet ouvrage, qui prolonge le précédent "S'apparaître à l'occasion d'un autre", l'auteur poursuit son exploration des conséquences de cette mutation dont nombre de dimensions restent à élaborer.

Il y sera beaucoup question de la dimension relationnelle de la psychothérapie, des formes qu'elle revêt, des références et appuis qu'elle met en jeu, des conséquences sociales des modalités de présence à l'autre. Tournant résolument le dos aux perspectives scientistes préconisées par les politiques évaluatrices, c'est par la philosophie (en particulier d'orientation phénoménologique) et l'esthétique (la formation de formes) qu'il ouvre des voies pour aborder l'expérience humaine et ainsi contribuer à la coconstruction de sa transformation. Dans les mots d'Isadore From, il y est question de créer les conditions qui permettent à l'homme de "transformer sa parole en poésie et sa marche en danse."

Cet ouvrage est composé d'articles et conférences s'échelonnant entre 2004 jusqu'à nos jours. En voici la présentation donnée par l'auteur dans sa préface :

"Dans une première partie appelée "Fonds" sont regroupés différents essais qui abordent certains fondamentaux de la gestalt-thérapie. Le premier essai en particulier, "Le self en situation", reformule et résume une partie des thèses que j'avançais dans mon ouvrage précédent, ce qui permettra, j'espère, de mieux appréhender les ouvertures suivantes.

La seconde partie "Eprouvés", aborde certains thèmes liés à la psychopathologie, c'est-à-dire à certaines flexions de l'expérience humaine génératrices de souffrance. on y trouvera en particulier deux chapitres sur la honte, thème qui fait partie de mes préoccupations majeures et que j'avais commencé à introduire dès 1990.

"Formes" est le titre de la troisième partie. C'est ici le paradigme esthétique qui est placé au coeur de ma réflexion. Forme est une des traductions possibles bien qu'insuffisante du concept allemand de gestalt. Gestalt-thérapie ignifie donc la thérapie des formes que chacun donne à son existence, à ses contacts, à ses relations, à ses actes. Faire référence à l'esthétique ne convoque pas nécessairement l'idée de beauté mais s'appuie sur aesthesis, le senti, et la formation de formes.

Enfin la dernière section "Etre-avec" insiste sur les processus, événements, modalités - et leurs conséquences- de ce qui se tisse entre thérapeute et patient et qu'il est convenu d'appeler "la relation thérapeutique". Nous sommes ici loin du mythe de la neutralité qui a longtemps plané sur la profession et dont l'ombre se fait encore sentir ! Le dernier chapitre : " Ce que je crois  et ce que je crois que je crois" pourrait être considéré comme une conclusion, si on veut bien lui accorder un caractère provisoire. il fait en effet partie de mon credo que certaines convictions doivent pouvoir bouger au fil des années et, certes, après 45 années de pratique de la psychothérapie, je pense avoir moins de certitudes qu'à mes débuts." JMR

 


 

 
Recherche au Royaume Uni sur la Gestalt-thérapie
Samedi, 11 Février 2012 15:57

Le projet de recherche sur la Gestalt-thérapie

au Royaume Uni

qui utilise l’instrument CORE : Résultats

Christine Stevens, Jane Stringfellow, Katy Wakelin  & Judith Waring

(Les auteurs sont cités par ordre alphabétique)

British Gestalt Journal, 2011, Vol. 20, N°.2, 22-27

 

Compte-rendu de l'article : Brigitte Lapeyronnie-Robine

Cet article relate la recherche menée pendant trois ans au sein de la Communauté de Gestalt-thérapeutes du Royaume Uni. Faisant le constat que les recherches jusque là utilisées (plutôt qualitatives) ne menaient pas à une reconnaissance des pouvoirs publics au Royaume Uni, une recherche coordonnée par Jane Stringfellow a été décidée en utilisant une méthode plus quantitative et un instrument de mesure de résultat bien établi à savoir le CORE, afin de rassembler les données sur le travail des gestalt-thérapeutes d’une manière qui puisse être comparée aux données rassemblées par les autres approches psychothérapeutiques. Pour rappel, une mesure de résultat utilisée au cours d’une psychothérapie essaye de répondre plus objectivement à la question : y a-t-il eu changement au cours de la psychothérapie ?

La base de données nationale du CORE contient des données concernant 50 000 clients (de thérapeutes de toute obédience).

Cet instrument est présenté dans l’article, son histoire et son principe. Il a été créé en 1998 par une équipe de chercheurs M. Barkham, C. Evans, F. Margison et coll. En résumé, Il s’agit d’un autoquestionnaire que le client remplit en début et en fin de thérapie sur la manière dont il s’est senti la semaine précédent l’autoquestionnaire. Le thérapeute remplit lui aussi des fiches avant et en fin de thérapie.

Les 34 items mesurés couvrent quatre dimensions subjectives : le bien-être, les problèmes ou symptômes, le fonctionnement psychologique (fonctionnement général, relations sociales, relations aux proches) et le risque pour le patient ou autrui.

A partir de ces items, on accède à un score qui détermine le degré de détresse psychologique.  On regarde à la fin de la thérapie si ce degré de détresse a diminué ou pas et si oui, de combien. Ce n’est pas un instrument spécifique à la Gestalt-thérapie, il se veut panthéorique et utilisable par tout thérapeute quelle que soit son orientation théorique.

Ce projet s’est adressé à des gestalt-thérapeutes qui travaillaient en privé ou dans le secteur public.

Il a été mené en coordination avec un des inventeurs de cet instrument à savoir John Mellor-Clark, et réalisé en réseau, avec la création du Gestalt Practice Research Network dans le cadre du Gestalt Psychotherapy Training Institute (GPTI, l’un des groupes de professionnels Gestalt-thérapeutes le plus important au Royaume Uni). Le GPTI a obtenu la licence d’utilisation du CORE et a permis de financer le coût de la formation pour réaliser cette recherche, au moins pour la première année.

L’article décrit les grandes lignes des données, à savoir le recrutement des clients, le pourcentage de femmes ou d’hommes, etc.

A noter que les 3 symptômes les plus fréquemment énoncés par les patients ont été l’anxiété (22,4%), la dépression ( 18, 7%) et les problèmes relationnels 18,4%).

83% des patients ont été vus une fois par semaine.

L’échantillon a porté sur 249 clients, mais 189 seulement ont pu rentrer dans l’étude.

Les résultats donnés sont interprétés comme montrant que la Gestalt-thérapie est aussi efficace que les autres méthodes de thérapie (évaluées avec ce même instrument).

 

 
Une recherche qualitative sur l'impact de la formation à la gestalt-thérapie en pratique infirmière en psychiatrie
Mardi, 03 Mai 2011 12:57

Explorer l’influence de la formation en Gestalt-thérapie sur la pratique de soin infirmier en psychiatrie

Exploring the influence of gestalt therapy training on psychiatric nursing practice : Stories from the field

Teresa Kelly, Linsey Howie

International Journal of Mental Health Nursing, 23 mars 2011

Australian College of Mental Health Nurses Inc.

Résumé : Les infirmiers en psychiatrie intéressés à accroître leurs compétences interpersonnelles et psychothérapeutiques entreprennent parfois une formation en Gestalt-thérapie après leur diplôme. On sait peu de choses sur la façon dont cette nouvelle connaissance et nouvelle compétence psychothérapeutique informe leur pratique. Cet article présente les résultats d’une étude qualitative dont l’objectif a été d’explorer l’influence de la formation en Gestalt-thérapie sur la pratique du soin infirmier en psychiatrie. Dans le cadre d’une enquête narrative, quatre infirmières en psychiatrie formées à la gestalt-thérapie ont été conviées à raconter leur parcours de formation à l’approche gestaltiste de la thérapie et à raconter leurs expériences sur la façon dont cela a influencé leur pratique. A partir de méthodes d’analyse narrative, les résultats de cette recherche ont été présentés comme une collection de quatre récits. Huit thèmes ont été extraits de l’analyse thématique conduite à partir des quatre histoires. La discussion sur ces thèmes contient des similitudes et des différences parmi les histoires collectées et fournit une communauté et un fond culturel pour comprendre les histoires individuelles.

 

Mots clé : gestalt-thérapie, holisme, soin psychiatrique, psychothérapie, recherche qualitative.

 

Les auteurs soulignent dans leur conclusion que « cette étude fait apparaître la congruence de la philosophie de la gestalt-thérapie avec les valeurs centrales du soin en psychiatrie (Hurley et al. 2006*) et qu’elle décrit la contribution valable de la formation à la gestalt-thérapie à la pratique de soin en psychiatrie holistique et centrée sur la personne. »

*Hurley, J., Barrett, P. & Reet, P. (2006). ‘Let a hundred flowers blossom, let a hundred schools of thought contend’ : A case for therapeutic pluralism in mental health nursing. Journal of Psychiatric and Mental Health Nursing, 13, 173-179

 
TRAITE DE GESTALT THERAPIE - Théorie, recherche, pratique
Jeudi, 24 Février 2011 07:16

Vient de paraître aux éditions L'Exprimerie :

Philip BROWNELL (sous la direction de)

TRAITÉ DE GESTALT-THERAPIE : THEORIE - RECHERCHE ET PRATIQUE

brownellLes Gestalt-thérapeutes savaient depuis longtemps, par la satisfaction de leurs clients, que la Gestalt-thérapie “marchait” mais, pour l’essentiel, ils manquaient d’un corpus de données empiriques pour étayer leur affirmation. Non qu’il ait été prouvé que la Gestalt-thérapie était inefficace ou même inappropriée ; elle n’avait tout simplement pas été véritablement étudiée.

Philip Brownell s’attaque ici à un projet ambitieux avec l’aide de quelques grands noms de la Gestalt-thérapie dispersés un peu partout dans le monde. Il offre non seulement un exposé des concepts et des pratiques fondamentales de cette approche, mais il introduit en outre les instruments de recherche et de formation à une recherche qui fasse partie intégrante de la formation des Gestalt-thérapeutes. A l’heure où les pouvoirs publics exigent des preuves d’efficacité au prétexte de la sécurité des usagers, à l’heure où l’académisme et les protocoles scientistes prétendent être seuls à offrir les garanties à juste titre souhaitées par les patients, cet ouvrage montre avec force comment la rigueur théorique et méthodologique ne vient pas contredire la créativité, l’humanisme et le coeur qui sont au centre de la relation thérapeutique.

Un réseau international de recherches s’appuie désormais sur cet ouvrage et coordonne ses travaux. Le Collège de Gestalt-thérapie, la Société Française de Gestalt-thérapie et divers Instituts français de formation sont engagés dans cette voie et sauront montrer, au delà des chiffres, la pertinence d’intuitions thérapeutiques expérimentées et éprouvées désormais depuis plus de soixante ans.

 

Philip BROWNELL, Ph.D., psychologue clinicien, psychothérapeute en exercice libéral aux Bermudes, directeur d’un institut de formation et consultant en organisations. Il est membre du comité éditorial de The European Journal for Qualitative Research in Psychotherapy. Il est engagé dans  l’animation de différentes revues de Gestalt-thérapie, en particulier au niveau de la recherche.

Il est en outre l’auteur de Gestalt Therapy - A Guide to Contemporary Practice, publié en 2010 chez Springer Pub. Co., New York.

Traduit de l'anglais-américain sous la direction de Vincent BEJA

ISBN :2-913706-49-5

Un ouvrage de 404 pages

Prix : 30€, + port

 
Un article comparant gestalt-thérapie et thérapie cognitive centrée sur les schémas, dans une revue de l'APA
Dimanche, 23 Janvier 2011 08:14

Gestalt Therapy and Cognitive Therapy – Contrasts or Complementarities ?

Psychotherapy, Theory, Research, Practice, Training, 2010, vol. 47 ; n°4, 586-602.

Jan TØNNESVANG, James HAMMINK, Ulla SOMMER, Mikael SONNE

 

Philip Brownell nous signale la parution de cet article paru dans une revue éditée par la célèbre APA américaine (American Psychological Association). Le rédacteur en chef de cette revue est Marc Hilsenroth et elle est le fruit de la division 29 de cette association, c’est-à-dire celle qui se préoccupe de psychothérapie. Cette parution est un événement et montre que les Gestalt-thérapeutes entrent plus dans le domaine de la recherche académique.

Philip Brownell fait appel à des commentaires de cet article afin de les publier éventuellement dans la nouvelle version de la revue Gestalt ! , revue qui ne paraît que sur Internet et qui est désormais sous l’égide de l’AAGT. Sa nouvelle parution est prévue fin février.

 

Résumé de l’article :

Cet article recherche la relation entre des concepts fondamentaux et des perspectives en Gestalt-thérapie et ceux en thérapie cognitive afin de discuter si – et de quelle manière- ces deux approches peuvent s’enrichir mutuellement lorsqu’ on les envisage comme des parties complémentaires d’une approche thérapeutique intégrative plus globale. Il est proposé que la Gestalt-thérapie, définie comme approche fondée sur la théorie du champ et qui étudie le processus de formation des gestalts, peut compléter la compréhension et la pratique de la thérapie cognitive fondée sur les schémas. Les bénéfices cliniques d’une vision complémentaire de ces deux approches seront une plus grande étendue de conscience (awareness) des aspects individuels et contextuels des processus de changement thérapeutique, des différents niveaux de mémoire impliqués dans ces processus et de la relation entre les besoins fondamentaux, la sensation et la cognition dans le travail thérapeutique. De plus, un dialogue entre les deux approches ouvrira la voie pour aborder le lien entre le travail d’awareness fondamental en Gestalt-thérapie et la tendance en thérapie cognitive à intégrer la technique de pleine conscience en tant qu’outil thérapeutique. En conclusion de cet article, des points de complémentarité supplémentaires entre ces deux approches sont soulignés.

 

Mots clé :

Thérapie intégrative, processus de formation des gestalts, théorie du champ, mémoire, pleine conscience.

 
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